L'oeil public

Les oubliés du Caire

Egypte. Decembre 2009.

Les bâtiments reposent sur le sable au pied du Sinaï. Autrefois, Haggana était une frontière. Aujourd’hui c’est l’un des plus vastes taudis de la ville.

 

Au Caire, 40 % de la population vit dans ces zones «informelles» dont la prolifération se nourrit de l’exode rurale, qui a débuté dans les années 60.
Les lignes à haute tension bourdonnent au-dessus des toits. Les eaux usées suintent et s’infiltrent.
Et pourtant ici il n’y a ni eau courante, ni électricité. Ces quartiers sont les poubelles du Caire et le recyclage des ordures participe de leur économie. La majorité de ses habitants vivent ainsi dans des conditions de précarité et d’insalubrité extrêmes. Rares sont ceux qui peuvent accéder à un système de santé par ailleurs insuffisant dans le pays. Habiter ces quartiers les condamne à une exclusion dont très peu parviennent à se sortir. Et les autorités ont beau jeu de les ignorer puisque beaucoup sont inexistants aux yeux de l’administration.

En Egypte, l’acte de naissance étant payant, la plupart des habitants de ces taudis ne peuvent se permettre cette dépense et n’ont pas d’existence légale. Sur le million d’habitants ou plus d’Haggana, seuls 1 200 ont une carte d’électeur, ce qui exclut la population des prises de décision et fait que les politiques ne leur accordent que rarement leur attention.

. Une commande collective d’Amnesty InternationalFrance auprès de l’Oeil Public

. Edition du livre Dignité, Editions Textuel 2010.

. Exposition Dignité à la mairie de Paris, 2010.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

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